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Publié : 6 mars

Après la crise, « le renouveau » espéré au lycée des Bruyères

Le lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen a connu une succession d’importantes perturbations. Depuis octobre 2018, la nouvelle équipe de direction en place est source d’espoir.

Les professeurs qui exercent leur droit de retrait face aux incivilités persistantes, des grèves et blocus d’élèves… Les rentrées de l’automne 2017 et 2018 ont été compliquées au lycée des Bruyères de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime). La dernière perturbation en date remonte à septembre 2018 : les élèves, aidés par des professeurs, demandaient le départ de leur proviseure. Revendication obtenue, puisque Nicole Cotin a été remplacée par Frédéric Delamare. La nouvelle équipe de direction promet « le renouveau du lycée ». Au sein du corps enseignant, « l’impression est positive ».

Sentiment d’abandon

Frédéric Delamare, âgé de 50 ans, a pris ses fonctions en octobre 2018, après avoir passé quatre ans à la tête du lycée professionnel Augustin-Boismard de Brionne (Eure). À son arrivée, l’ancien joueur de rugby a pris conscience du profond malaise ambiant :

“Les équipes avaient un sentiment d’abandon, justifié ou pas, de la part du rectorat, de la Région. Les collègues étaient en demande.”

Le proviseur et son adjointe Christine Vignerot, arrivée quelques semaines avant lui, ont pris le temps d’écouter « tout le monde ». « On a dépensé une énergie importante pour que la mécanique soit bien réglée. Avant les vacances de la Toussaint, il a fallu tout mettre au carré », mesure Frédéric Delamare. Le duo a pris le temps d’assurer aux élèves, parents et enseignants « qu’ils étaient bien dans un lycée de l’Éducation nationale ».

Le « care » et la méditation

Afin de mettre « les élèves aux vies cabossés » et les enseignants dans « de bonnes conditions », l’équipe de direction a mis en place « la méditation de pleine-conscience ». Un professionnel intervient auprès des professeurs, une fois par mois pendant deux heures. Selon la direction, 40 enseignants sont déjà engagés dans cette démarche.

« Prendre cinq minutes au début du cours, c’est l’heure qui sera beaucoup plus efficace », argumente Frédéric Delamare qui croit beaucoup au « care », notion anglaise du bien-être, dans son établissement, pour guérir des « fractures » et cicatrices ». « C’est le syndrome du fond de la piscine : on ne peut que rebondir, c’est ce qui m’a fait rester. » Le capitaine du navire Bruyères saura en avril s’il est nommé pour de bon dans ce lycée.

Réforme et fusion des académies

À son arrivée, Frédéric Delamare a « proposé aux équipes de construire leur vision du lycée pour les trois à quatre ans à venir », dans un contexte de grand chamboulement avec la réforme du lycée mise en place par le gouvernement et le changement des frontières académiques. « Saisissons-nous de la nouvelle réforme et de la fusion des académies pour construire l’avenir du lycée des Bruyères », encourage le proviseur.

Le 9 janvier, un cabinet conseil est intervenu auprès de l’équipe pédagogique « pour susciter l’intelligence collective ». Deux jours plus tard, le recteur prenait la peine de se rendre aux Bruyères. « Ce n’est pas neutre ! Beaucoup de collègues ont apprécié », certifie Frédéric Delamare.

Alors qu’il existe une classe préparatoire pour les grandes écoles de commerces, le proviseure a déjà demandé l’ouverture d’une nouvelle section : Adaptation techniciens supérieurs (ATS). Elle permettraient aux élèves de BTS d’intégrer eux aussi une école de commerce. « Et s’ils n’y parvenaient pas, ATS équivaut à un niveau licence », précise Christine Vignerot qui insiste fièrement : « C’est le renouveau ! »

« On repart sur des bases qui n’ont rien à voir », salue un professeur impliqué dans le mouvement de fronde contre Nicole Cotin :
“Il y a une nouvelle impulsion aux Bruyères, c’est clair et net.”

Cinq postes d’enseignants supprimés

Cependant, la rentrée qui s’annonce ne sera « pas très rose », prévient le nouveau chef d’établissement. À cause de la réforme du lycée, mais surtout de la baisse des effectifs, les Bruyères perdront cinq postes en septembre. Tout l’enjeu des portes ouvertes du 9 mars sera de « rassurer les parents et de donner envie aux collégiens de venir », résume Christine Vignerot consciente de la réputation pas très flatteuse de son établissement de la rive gauche de Rouen.