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Publié : 19 mai

MIEUX SE CONNAITRE POUR MIEUX APPRENDRE

Au collège Léonard de Vinci de Saint Marcel dans l’Eure, des enseignantes se sont engagées dans une démarche de cogni-classe. Elles nous font partager leurs expériences.

OBJECTIFS

Les objectifs de la cogni’classe sont de permettre aux élèves de prendre conscience de ce qui se passe dans leur tête. Comment perçoivent-ils l’information ? Comment la mémorisent-ils ? Comment vont-ils la rechercher en mémoire ? Nous avions donc pour but qu’ils connaissent leurs modes de fonctionnement, qu’ils soient conscients qu’ils sont acteurs de leurs apprentissages et qu’ils s’aperçoivent, en s’écoutant les uns les autres, qu’il n’y a pas qu’une seule manière de percevoir, pas qu’une seule manière de mettre en mémoire et pas qu’une seule manière de réaliser une tâche donnée. Nous espérions que mieux comprendre l’autre contribuerait à améliorer les relations au sein du groupe classe. Nos formations professionnelles et personnelles ainsi que nos expériences avec des élèves en situation de handicap, nous ont conduit à fusionner des pratiques émanant d’horizons variés tels que les neurosciences, la gestion mentale, les intelligences multiples ou encore la kinésiologie et la sophrologie.

ORGANISATION

Nous avons commencé cette expérimentation à partir du second semestre 2018 pour une classe de sixième et nous l’avons étendue à tout le niveau sixième pour cette année scolaire 2018-2019 soit 5 classes à raison d’une heure par classe, par semaine, en demi-groupe.
Nos séances débutent toujours par 5 à 10 minutes de relaxation où se mêlent méditation en pleine conscience, cohérence cardiaque et kinésiologie. Ensuite, nous donnons un exercice à faire aux élèves. Ces exercices portent sur un ou plusieurs gestes mentaux comme l’attention, la mémorisation, ou encore la compréhension, l’imagination et la réflexion. Après chaque tâche effectuée les élèves doivent tenter de nous expliquer ainsi qu’à leurs camarades, comment ils ont fait dans leur tête pour réaliser l‘exercice. Après chaque séance, les élèves évaluent l’activité proposée et mettent un commentaire sur leur fiche individuelle d’évaluation. De notre côté, nous n’évaluons bien sûr pas les productions afin de créer une relation de confiance et sortir du jugement.
Peu à peu nous les amenons à constater que l’on peut retenir une même information de différentes manières, que l’on peut additionner les perceptions et développer celles que l’on n’utilise pas à priori naturellement, que plus une évocation est riche, plus elle s’ancre en mémoire, que plus une information est réactivée, plus elle peut être réutilisée, que certaines méthodes de mémorisation fonctionnent mieux que d’autres, que la compréhension passe par une maîtrise des connaissances et donc par leur mémorisation…., que les apprentissages peuvent se faire autrement qu’assis derrière un bureau (mimes) ou que l’on peut remplacer les phrases par des dessins, des cartes mentales…

EVALUATION/RESULTATS

Ces séances de cogni’classe ont très vite porté leurs fruits. Les élèves sont heureux de s’y rendre, heureux qu’on les écoute, heureux de découvrir comment fonctionne leur cerveau,… Et, s’ils ont été surpris au début de constater que tout le monde ne fonctionnait pas comme eux, aujourd’hui cela leur parait normal et ils essaient même des techniques décrites par leurs camarades ou suggérées par nous-mêmes, pour enrichir leurs propres évocations et leurs propres apprentissages.
L’ambiance de classe est beaucoup plus apaisée aussi bien entre élèves, que entre élèves et enseignants. Les élèves se respectent les uns les autres, le lien avec les enseignants est fondé sur une vraie relation de confiance et de bienveillance. La relation avec les familles semble aussi plus sereine. Tout le monde ressent les bienfaits de ce temps pris pour mieux apprendre. En cours, les élèves ont toujours à cœur de faire de leur mieux, l’attention est plus soutenue (et tous ont compris qu’être attentif, c’est vouloir mettre dans sa tête ce que l’on perçoit, pas simplement être sage).
A plus long terme, nous espérons que ce dispositif leur permettra de faciliter la mémorisation et les rendra autonome dans l’élaboration d’outils personnels de mémorisation transférables et adaptables à chaque discipline. On espère donc, dans les années à venir, voir des résultats concrets dans l’efficacité du travail scolaire. Le fait, également, de mieux se connaître, devrait leur permettre de mieux construire leur parcours d’avenir donc leur orientation.
Christel Corallo et Isabelle Méry