Vous êtes ici : Accueil > Innover / Expérimenter > Innover ou Expérimenter ? > L’Innovation dans les Textes
Publié : 15 septembre 2013

L’Innovation dans les Textes

2013 : un cadre réglementaire nouveau

La loi d’orientation et de programmation pour la refondation de l’École de la République a été publiée au Journal officiel, mardi 9 juillet 2013.

Article L401.1

« Dans chaque école et établissement d’enseignement scolaire public, un projet d’école ou d’établissement est élaboré avec les représentants de la communauté éducative. Le projet est adopté, pour une durée comprise entre trois et cinq ans, par le conseil d’école ou le conseil d’administration, sur proposition de l’équipe pédagogique de l’école ou du conseil pédagogique de l’établissement pour ce qui concerne sa partie pédagogique.

Le projet d’école ou d’établissement définit les modalités particulières de mise en œuvre des objectifs et des programmes nationaux et précise les activités scolaires et périscolaires qui y concourent. Il précise les voies et moyens qui sont mis en œuvre pour assurer la réussite de tous les élèves et pour associer les parents à cette fin. Il détermine également les modalités d’évaluation des résultats atteints.

Sous réserve de l’autorisation préalable des autorités académiques, le projet d’école ou d’établissement peut prévoir la réalisation d’expérimentations, pour une durée maximum de cinq ans, portant sur l’enseignement des disciplines, l’interdisciplinarité, l’organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges ou le jumelage avec des établissements étrangers d’enseignement scolaire. Ces expérimentations font l’objet d’une évaluation annuelle.

Le Conseil national d’évaluation du système scolaire établit chaque année un bilan des expérimentations menées en application du présent article. »

L’initiative au terrain

Les domaines d’expérimentation sont indicatifs : enseignement des disciplines, interdisciplinarité, organisation pédagogique de la classe, de l’école ou de l’établissement, coopération avec les partenaires du système éducatif, échanges ou le jumelage. Ils sont volontairement larges, allant des pratiques de classe à des dispositifs plus ambitieux en termes d’organisation et d’ouverture, dans le cadre du projet d’école ou d’établissement.

Cette disposition vise à encourager le dynamisme des acteurs de terrain en les incitant à mettre en place localement les réponses les plus adaptées pour favoriser la réussite de leurs élèves.

L’expérimentation s’inscrit elle aussi dans une dynamique de changement. De plus, elle se dote d’un protocole de suivi et d’évaluation et reconnaît la nécessité d’une contractualisation et d’une communication écrite de ses résultats.

Un cadre sécurisant

Pour les acteurs en école et en établissement, s’inscrire dans le cadre de l’expérimentation académique, c’est pouvoir :

- S’appuyer sur une légitimité institutionnelle qui renforce la visibilité et l’efficacité de l’action

- Profiter de l’appui de plusieurs services et missions académiques auprès des personnels comme du projet, selon les objectifs et l’ampleur des actions

- Avoir l’opportunité de participer à des séminaires et regroupements académiques ou nationaux

- Disposer de temps d’analyse de sa pratique professionnelle

- Participer à un réseau d’échanges en éducation et en formation

- Produire des ressources didactiques et pédagogiques pouvant être réinvesties dans d’autres contextes, d’autres milieux.

Une aide au suivi et à l’évaluation de l’action

L’évaluation, processus en lui-même, doit veiller à articuler implication des acteurs et distance nécessaire. On peut proposer plusieurs étapes :

- Après validation du dossier d’expérimentation, l’école ou l’établissement est contractualisé sur l’action. Un protocole de suivi et d’évaluation est proposé et ajusté en partenariat.

- Un accompagnement adapté peut être prévu en matière d’aide à l’analyse de l’action, des pratiques et d’outillage méthodologique en évaluation.

- Un ou plusieurs regroupements académiques sur des thèmes ou besoins similaires peuvent être prévus selon les cas.

- Un bilan intermédiaire, puis un bilan écrit final sera produit.

Des écrits aux destinataires multiples

L’évaluation de l’expérimentation comporte plusieurs finalités différentes mais complémentaires en fonction des acteurs concernés :

- Pour l’équipe pédagogique et sa direction : l’évaluation a pour principale fonction d’analyser pour réguler et améliorer les dispositifs.

- Pour les instances académiques : l’évaluation représente une aide à la prise de décision et au pilotage du système éducatif.

- Pour le niveau national, le Conseil national d’évaluation du système scolaire : le rapport annuel des académies lui permettra de proposer « des avis sur toute question générale relative à la pédagogie, aux programmes, aux modes d’évaluation des connaissances des élèves, à l’organisation et aux résultats du système éducatif, à la politique de formation des enseignants ».

Les expérimentations et les innovations entretiennent des aspects communs.
Dans les deux cas en effet il s’agit bien face à une situation où la pratique pédagogique traditionnelle ou l’organisation structurelle apparaissent comme un frein, de chercher de nouvelles solutions et de mettre en œuvre, sur une base expérimentale (au sens scientifique du terme : chercher à analyser et à vérifier une hypothèse) de nouvelles formes de pratiques pédagogiques ou organisationnelles qu’on pense plus efficaces.
L’enjeu de ce type de démarche expérimentale est double : cette approche permet en effet une interrogation et une analyse sur les pratiques par les acteurs et elle offre de nouvelles pistes qui peuvent alors être suggérées, exploitées voire généralisées lorsque l’expérimentation est positive.

Consulter la fiche : L’innovation : un facteur clé pour construire l’École de demain